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L’alimentation vivante: quoi, pourquoi, comment ?

l'alimentation vivante

De nos jours, on entend de plus en plus parler de l’alimentation vivante. Plus qu’une mode, l’alimentation vivante est un mode alimentaire qui permet de tirer un maximum de bienfaits de chaque aliment. Voici pourquoi et comment il est bon de manger vivant.

Qu’est-ce que l’alimentation vivante ?

L’alimentation vivante, ou crudivorisme, est le fait de manger des aliments bruts sous leur forme originelle telle qu’on peut les trouver dans la nature. Manger vivant, c’est consommer principalement des végétaux bruts, crus, naturels et, au mieux, tout fraîchement cueillis. 

L’alimentation vivante s’oppose à l’alimentation « morte » qui comprend les aliments industriels ainsi que les aliments trop cuits. Ces derniers sont responsables des maladies de civilisation comme le diabète, l’obésité, le surpoids, le cancer, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires etc.

Pourquoi l’alimentation vivante ?

Le mode alimentaire actuel composé d’une majorité d’aliments transformés et/ou trop cuits est très mauvais pour la santé. En référence à nos ancêtres, les chasseurs-cueilleurs, l’alimentation vivante est sans doute le type d’alimentation originelle la mieux adaptée à l’Homme. Des études ont démontré qu’une forte consommation de fruits et légumes crus permet de diminuer le mauvais cholestérol et la concentration de triglycérides dans le sang. De plus, manger cru sur du long terme a des effets spectaculaires sur la perte de poids, permet d’améliorer la tension artérielle et le système cardiovasculaire.

Les aliments crus ne subissent aucune transformation ou agression due à une cuisson trop forte. Ainsi, ils contiennent encore l’ensemble de leurs principes actifs et de leurs nutriments indispensables à une bonne santé: vitamines, minéraux, antioxydants… mais aussi beaucoup d’enzymes ! Les micro-nutriments sont essentiels pour renforcer votre système immunitaire et avoir de l’énergie au quotidien.

La puissance du capital enzymatique

Les aliments crus et germés regorgent d’enzymes. Ces derniers influencent directement notre système immunitaire et sont l’étincelle de la vie. Grâce aux travaux du Dr Edward Howell, on sait désormais qu’il y a une étroite relation entre le capital enzymatique d’une personne avec sa longévité et sa vitalité. Chaque personne possède à la naissance un capital enzymatique qui peut-être entretenu ou gaspillé selon le mode de vie. Un aliment a besoin d’enzymes pour être digéré et assimilé. Consommer des aliments « morts » va obliger votre organisme à aller puiser dans vos réserves ce qui est très mauvais. A l’inverse, consommer des aliments vivants est un moyen de préserver un haut niveau enzymatique, indicateur d’un très bon état de santé.

Ainsi, manger du chou rouge cru n’est en aucun cas comparable à une barquette de chou assaisonné du supermarché ou même à du chou trop cuit. Pire, consommer des aliments à calories vides comme des chips, des nuggets ou des biscuits va fortement vous affaiblir.

Une cuisson trop forte tue les enzymes et nutriments

Une mauvaise cuisson est délétère. Cela est vrai pour certains aliments notamment ceux qui sont cuits à haute température, frits ou grillés. En effet, la cuisson « tue » les enzymes, les vitamines et les minéraux. A 45 °C, certains enzymes sont éliminées contre presque tous dès 65°C. A à 60 °C, ce sont les vitamines du groupe B et C. A 80° C, les minéraux, et à 100 °C, les vitamines A, D, E, K. Au delà de 110°C, on a une destruction de presque toutes les vitamines.

La meilleure des cuissons reste la cuisson à la vapeur douce. Sinon, mangez cru.

Que trouve t-on dans l’alimentation vivante ?

Les aliments vivants sont tous les produits naturels, bruts, frais, crus et non transformés.

  • Les graines et céréales germées

Ce sont les plus puissants des aliments vivants. La germination permet de démultiplier les nutriments et d’éliminer les anti-nutriments néfastes. De plus, elle permet d’augmenter le capital enzymatique de six à vingt fois, ce qui est énorme. Une graine germée peut contenir jusqu’à 20 fois plus de vitamines (surtout pour les vitamines du groupe B). Par exemple, une haricot mungo germé augmente de 285% sa teneur en vitamine B1, 515% la B2 et 256% la B3 !

  1. Graines germées : luzerne, fenugrec, carotte, chanvre, tournesol, quinoa…
  2. Légumineuses germées : lentilles, haricots mungo (soja), pois chiches, haricots rouges…
  3. Oléagineux trempés et/ou germées : amandes, noisettes, noix de cajou…
  4. Céréales germées : blé ancien, épeautre, orge, sarrasin, riz…
  • Légumes crus

Le choix est large: carotte, concombre, radis, tomate, épinards, chou-rouge, salades vertes, pousses etc. Optez pour un maximum de couleurs dans votre assiette pour avoir un maximum d’antioxydants et de vitamines. Les légumes à feuilles vertes font partie des meilleurs.

  • Fruits et baies

Variez un maximum de fruits et consommez-les frais et de saison. Les fruits sont d’excellents encas sains à consommer avant un repas ou au milieu de la journée. Pensez aussi aux baies comme les myrtilles, framboises, mûres etc. qui possèdent le plus d’antioxydants.

  • Oléagineux

Consommez-les non grillés, non salés et non sucrés: amande, noisettes, noix, noix de cajou, noix du Brésil, noix de Macadamia etc. Les oléagineux sont d’excellentes sources de protéines végétales, de graisses saines et de vitamines. Ils aident aussi à perdre du poids. Pensez de temps en temps à les tremper au moins 8h pour enlever les élément anti-nutritifs. Vous retrouverez aussi le goût des noix fraîches tout juste cueillies.  Une autre alternative est aussi les purées d’oléagineux: excellent sur un fruit pour un encas sain (ex: banane + purée d’arachide).

  • Aliments gras

Le bon gras ne fait pas grossir au contraire… Optez pour l’avocat, les olives, les oléagineux ou encore la noix de coco. Consommez-les avec modération.

  • Aliments fermentés

Ce sont d’excellents aliments pour assurer la bonne santé de vos intestins: yaourts aux ferments lactiques, cornichons, vinaigre, choucroute, kéfir, lait acidophile, bière, fromage bleu (roquefort), miso, kimchi, chocolat, cidre, thé kombucha, sauce soja tamari, les thés fermentés, tempeh, prunes umeboshi. Retrouvez tous les bénéfices des aliments fermentés ici.

  • Algues

Un trésor de la mer remplis de vitamines et d’oligo-éléments: spiruline, wakamé, Kombu (pour soupe miso), laitue de mer, cheveux de mer, dulse, la mousse d’Irlande, haricot ou spaghetti de mer, nori (ou porphyre, utilisée pour les sushis), hijiki, varech, laminaires.

  • Miel cru

L’or des abeilles ! Le miel cru est indéniablement un super aliment pour la santé. le vrai miel est dur voire crémeux. N’achetez en aucun cas du miel liquide qui est chauffé ou encore du miel bon marché souvent coupé avec du sirop de glucose et d’autres additifs. Variez les types de miels issus de fleurs différentes : thym, lavande, sapin, sarrasin etc.

  • Huiles biologiques pressées à froid

L’huile d’olive vierge extra est le premier choix de qualité pour les salades et pour cuire à feu moyen. L’huile de coco vient en deuxième place. Ensuite vous pouvez opter pour de l’huile de colza, de lin, de noix ou d’avocat.

  • Sucres non raffinés

Du bon sucre sain et naturel, c’est du sucre de canne complet, du sucre de coco ou encore de la stévia 100% naturelle. Vous pouvez aussi utiliser du sirop d’érable sans oublier le miel. A utiliser avec parcimonie.

  • Jus de fruits et de légumes frais faits maison

Optez pour des jus maison à base de fruits, d’herbes et/ou de crucifères. Un moyen simple d’apporter un maximum de micro-nutriments. Les green smoothies sont d’excellents encas.

  • Poisson cru

Pour les adeptes de sushi, le poisson cru est excellent.

  • Fromages à base de lait cru (de préférence chèvre ou brebis, avec modération)
  • Chocolat noir cru 70% minimum
  • Infusions aux herbes, thé
  • Bières non filtrées et non pasteurisées (avec parcimonie)

Comment manger vivant ? Quelles sont les précautions à prendre ?

Vous n’êtes pas obligé d’avoir une alimentation 100% vivante pour avoir des résultats. Vous pouvez opter pour 50%-50% ou 60%-40% etc. Mon conseil est d’avoir au minimum 50% de vos aliments issus de l’alimentation vivante. L’idéal étant 75% pour assurer un haut capital enzymatique. Attention cependant, vos intestins ne le supporterait peut-être pas. En effet, consommer beaucoup de crudités n’est pas forcément très bon pour vos intestins. Si vous avez les intestins sensibles, les fibres présentes en grande quantité dans une alimentation vivante risqueraient de vous irriter. Il faut donc vous habituer progressivement en mélangeant des aliments cuits et crus.  Commencez vos repas par une portion de crudité, puis continuer avec des légumes cuits. Au fur et à mesure, la flore intestinale va s’habituer aux aliments crus. Commencez à introduire de plus en plus d’aliments crus en début de repas, enlevez les produits raffinés, incluez des graines et des oléagineux à vos collations.

Les études scientifiques ont démontré que cuire à la vapeur douce est le mode de cuisson qui permet de préserver au mieux les nutriments. D’ailleurs, certains légumes sont meilleurs cuits pour la santé que cru :

C’est le cas de la carotte qui, une fois cuite, permet à l’organisme de mieux absorber les caroténoïdes (antioxydants). La cuisson de la tomate démultiplie son taux de lycopènes qui est un puissant antioxydant. De plus, en terme de synergie alimentaire, il convient aussi d’utiliser des bonnes graisses comme de l’huile d’olive vierge extra pour une meilleure absorption des lycopènes. La cuisson des légumes crucifères (brocolis, choux divers etc.) peut être efficace contre les glucosinolates. Chez les animaux, une grande quantité de glucosinolates est responsable d’une hypertrophie de la thyroïde, du foie et des reins. Les légumes à feuille contiennent de l’acide oxalique qui freine l’absorption du calcium et du fer. La cuisson permet de contrer ce problème.

Enfin, prudence avec les pommes de terre et les aubergines qui sont riches en solanine. Inoffensive pour l’homme à faible dose, elle peut être toxique si l’on en consomme avec excès. Pour finir, certains champignons doivent êtres cuits et non consommés crus. 

Conclusion

L’alimentation vivante a des effets positifs indéniables sur la santé. Néanmoins, il existe un bon équilibre à avoir entre une alimentation crue et cuite en fonction de son organisme. Cuire lentement à feu doux et surtout à la vapeur douce possède aussi ses avantages. Il convient alors d’opter pour un bon compromis mais avec tout de même une prédominance d’aliments crus au quotidien.

Références

« Enzymes for health and longevity », Edward Howell, 1946.

« Enzyme nutrition », Edward Howell, 1995.

« Long-term consumption of a raw food diet is associated with favorable serum LDL cholesterol and triglycerides but also with elevated plasma homocysteine and low serum HDL cholesterol in humans. », Koebnick C1, Garcia AL, Dagnelie PC, Strassner C, Lindemans J, Katz N, Leitzmann C, Hoffmann I, J Nutr. 2005 Oct;135(10):2372-8.

« Consequences of a long-term raw food diet on body weight and menstruation: results of a questionnaire survey. », Koebnick C1, Strassner C, Hoffmann I, Leitzmann C, Ann Nutr Metab. 1999;43(2):69-79.

« Effects of a raw food diet on hypertension and obesity. », Douglass JM, Rasgon IM, Fleiss PM, Schmidt RD, Peters SN, Abelmann EA, South Med J. 1985 Jul;78(7):841-4.

« Les graines germées de A à Z », Carole Dougoud Chavannes, 2009.

« How can I grow and use sprouts as living food? », Shepard Isabell, 2005.

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