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Intestins, cerveau, alimentation et santé : un lien très puissant !

Intestins, cerveau, alimentation et santé - synergie alimentaire

Longtemps considérés comme des organes « banals » qui ne servent qu’à la digestion, à l’assimilation ou à l’excrétion des nutriments, les intestins (intestin grêle et gros intestin) ont aujourd’hui une toute autre image. Elle est bien plus noble et ô combien plus importante que ce que l’on pensait.

C’est officiel, les intestins sont considérés comme le deuxième cerveau de l’être humain. Autre scoop ? Les millions de bactéries, bonnes comme mauvaises, qu’il renferme sont en relation étroite avec notre santé : maladies, prise de poids, anxiété et dépression ou bon choix des aliments. Tout est lié à nos intestins et à la bonne santé de notre flore intestinale (qu’il conviendrait en fait d’appeler microbiote). C’est un sujet passionnant qui nous en apprend tous les jours énormément sur les rapports de cause à effets. Comme toute recherche récente, les scientifiques nécessitent encore du temps pour tout maîtriser et tout comprendre. Souhaitons-leur bon courage !

Dans cet article nous découvrirons quelles sont les différences entre l’intestin grêle et le gros intestin dans le processus de digestion. Nous verrons aussi comment émergent les allergies, les intolérances alimentaires ou autre sensibilités. Puis nous verrons l’influence de l’intestin sur le cerveau avant de partir à la découverte de notre planète microbienne. Pour finir, nous détaillerons  quels aliments sont bons pour la flore intestinale.

Intestin grêle et gros intestin (ou côlon) : quelle différence ?

L’intestin grêle est doté de milliers de villosités (qui mises plat à plat, donnent une longueur de 7km !) qui permettent de continuer la digestion. Des sucs digestifs sont projetés afin d’aider à décomposer et découper en infiniment petit les aliments qui arrivent depuis l’estomac. Le but étant qu’ils deviennent des molécules riches en énergie pour traverser la paroi intestinale et rejoindre le sang afin de « nourrir » l’organisme.

Le gros intestin, lui, va continuer à digérer méticuleusement les restes que l’intestin grêle aurait laissés. Et cela peut prendre jusqu’à 16h ! Pendant ce temps là, deux ou trois repas sont déjà passés par l’intestin grêle. La collaboration entre le gros intestin et la flore intestinale est efficace puisqu’elle nous offre une dose supplémentaire d’acides gras très énergétiques, de vitamine K, B12, B1 (thiamine) et B2 (flavine). Ce qui n’est bien sûr pas à rejeter ! Le reste, ce qui n’est pas bon, se transforme en matière fécale pour être excréter.

Allergies et intolérances alimentaires… tout se passe dans l’intestin grêle !

C’est dans l’intestin grêle que se situe la phase la plus importante de la digestion. Mais c’est aussi là que sont prises les grandes décisions: quels sont les aliments qui déclenchent une réaction allergique ? Est-ce que je supporte la lactose ? Est-ce que ces aliments sont sains pour moi ?

Allergies alimentaires : cacahuètes, lait, oeuf.

Si, pendant le processus de digestion, une molécule de protéine n’arrive pas à être fragmenté en différents acides aminés, de minuscules morceaux peuvent subsister. Le problème, c’est que ces minuscules morceaux non digérés peuvent être repérés par des cellules immunitaires de la lymphe comme intrus. Par exemple, un morceau de cacahuète subsiste, il est attaqué ! A force de répétition, les cellules immunitaires sont de mieux en mieux armées pour combattre jusqu’au jour où vous croquez une énième cacahuète et des réactions allergiques apparaissent ! Ce type de réaction est typique des aliments riches en protéines et en graisses comme le lait, les cacahuètes (ou d’autres oléagineux) ou les oeufs.

Sensibilité au gluten et maladies cœliaque : la cas du blé moderne qui nous intoxique.

Il existe d’autres allergies qui ne sont pas liés aux graisses comme par exemple les allergies aux crustacés, au pollen ou au gluten.

L’hypothèse d’une intolérance au gluten serait due à une imperméabilité de la paroi intestinale causée par une consommation trop importante de céréales dont notamment de blé (NB : de nos jours, la consommation de blé est omniprésente et excessive : pâtes, pizzas, viennoiseries, pains, tartes, sauces industrielles…). Cette consommation importante de blé rend la paroi intestinale poreuse et le gluten peut passer par les cellules intestinales, parfois sans avoir été digéré. Des protéines de blé se retrouvent alors dans un endroit où elles n’ont pas leur place, ce qui met le système immunitaire en alerte qui attaque ces protéines pour protéger l’organisme. Pour les maladies coeliaque, consommer trop de blé peut entraîner d’importantes inflammations, détruire les villosités intestinales et affaiblir le système nerveux. Les symptômes sont des maux de ventres, des diarrhées ou encore une anémie (baisse du taux d’hémoglobine).

Intolérance au lactose

Le lactose est un glucide présent dans le lait qui est dégradé par un enzyme appelé la lactase. Cet enzyme est fabriqué par les cellules de l’intestin grêle et avec l’âge, l’activité de cet enzyme diminue (pour 75% de la population). C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes adultes ne peuvent pas boire de lait sans souffrir de maux de ventre, de diarrhée ou de ballonnements. En fait, le lactose non digéré ne traverse pas la paroi intestinale mais va glisser jusqu’au gros intestin où il va nourrir des bactéries productrices de gaz. D’une manière générale, il vaut mieux éviter le lait (même celui vendu sans lactose) car, de nos jours, nous n’avons plus qu’a disposition du lait pasteurisé remplis d’hormones, d’antibiotiques et de pesticides.

Malabsorption du fructose

Le fructose est un sucre que l’on trouve dans les fruits. La plupart des gens qui souffrent de malabsorption du fructose sont généralement ceux qui en consomment beaucoup trop. Et c’est rarement à cause d’une consommation importante de fruits mais plutôt à cause des nombreux aliments industriels qui contiennent du fructose ! : un jus de fruit par-ci, du ketchup par-là. Ou encore une soupe en brique par-ci et une crème dessert par-là etc. En plus de dérèglements digestifs, une découverte récente démontre qu’une malabsorption du fructose qui dure depuis plusieurs années peut être la cause d’humeurs dépressives…et de grosses fringales. C’est une histoire d’acide aminé tryptophane perdu et qui est utile à la production de sérotonine, « hormone du bonheur » mais aussi « hormone de la satiété ». Si vous êtes adeptes de salades et que vous ajoutez une vinaigrette industrielle qui est en général remplie de sirop de fructose-glucose, ne vous étonnez donc pas si vous ne vous sentez pas rassasiés.

On considère qu’à partir de 50g de fructose par jour (soit l’équivalent de 5 poires, 8 bananes et 6 pommes), les transporteurs naturels sont saturés chez la plupart des gens. Au delà, des troubles gastriques apparaissent comme des maux de ventre, des diarrhées, des ballonnements voire un état dépressif et des envies de fringales importantes. Notez qu’avant, nos parents qui n’étaient pas en contact avec des aliments industriels transformés, qui ne sucraient leur thé ou café qu’avec un peu de miel et qui ne mangeaient des fruits qu’en quantité raisonnable, avaient une consommation de fructose de l’ordre de 16 à 24 grammes par jour. Aux USA, on est à 80 grammes par jour en moyenne… !

Les intestins, notre deuxième cerveau 

Au même titre que le cerveau, les intestins possèdent toute une cohorte de messagers chimiques, de matériaux d’isolation cellulaire et de types de connexion. C’est donc la raison pour laquelle nous l’appelons notre 2ème cerveau car c’est le seul organe qui est aussi étendu et qui présente la même complexité chimique. L’hypothèse est que si les intestins sont constitués de la sorte, c’est bien qu’ils ne sont pas simplement réduits au rôle de digestion et d’assimilation des nutriments ! Sinon à quoi bon posséder tout cela ? Les recherches ont démontré qu’il existe bel et bien un lien étroit entre les intestins et le cerveau et notamment gâche au nerf vague qui les relie ensemble et qui assure un moyen de communication important et très rapide. L’intestin est aux premières loges de ce qui se passe dans notre corps : il connaît toutes les molécules de notre dernier repas, attrape avec curiosité des hormones qui se baladent dans notre sang, prend des nouvelles des cellules immunitaires ou est attentif au comportement des bactéries intestinales. C’est lui qui raconte au cerveau tout ce qui se passe ! Une soirée trop arrosée ? Un message est envoyé au cerveau et plus précisément au centre du vomissement pour taux d’alcoolémie trop élevé. Une irritabilité chronique de l’intestin avec des ballonnements, malaises et diarrhées est présente ? Un message est alors envoyé dans une zone émotionnelle du cerveau chargée de traiter les sentiments désagréable : on est ainsi plus sujet à l’anxiété et à la dépression… !

En période de stress (épreuve difficile, course contre la montre etc.), le cerveau a besoin d’énergie. Et savez-vous à qui il va faire appel pour se procurer cette énergie ? A l’intestin lui-même via le nerf sympathique ! L’intestin joue le jeu pour régler cet état d’urgence et va alors consommer moins d’énergie. Pour cela, il va ralentir sa digestion, sa propre irrigation sanguine et va produire moins de mucus. En revanche, si les états de stress sont trop nombreux et récurrents (vous connaissez certainement des personnes tout le temps stressées), l’intestin peut se montrer un peu moins coopératif envers le cerveau. En conséquence, on ressent des états de fatigue, un mal-être, un manque d’appétit voire des coliques ! On a l’estomac noué !

Nous abritons des millions de microbes dans nos intestins ! Familiarisons-nous avec eux !

99% des micro-organismes qui se baladent en nous et sur nous se trouvent dans l’intestin. Notre microbiote intestinal (ce que l’on appelle la flore intestinale) peut peser jusqu’à 2kg et héberge environ 100 billions de bactéries ! Ce sont ces billions de bactéries qui décomposent pour nous les aliments non digestibles, alimentent notre intestin en énergie, fabriquent des vitamines, désagrègent des toxines et des médicaments et entraînent notre système immunitaire. Ces bactéries sont aussi à l’origine de notre groupe sanguin et les moins sympathiques d’entre elles peuvent nous causer des dérèglements comme la courante.

Ce que les dernières recherches ont constaté, c’est qu’en cas de surpoids, de sous-alimentation, de maladies nerveuses, de dépression ou de troubles intestinaux chroniques, on constate une modification des conditions de vie bactérienne dans l’intestin. Cela veut donc dire que quand ça se passe mal chez nos microbes, ça se passe peut-être aussi mal chez nous !

La majeure partie (environ 80%) de notre système immunitaire est localisée dans notre intestin. Chaque jour, ces billions de bactéries nous sauvent la vie en nous protégeant des maladies, virus ou problème en tout genre. Nos bactéries intestinales ont 150 fois plus de gènes qu’un être humain. Et c’est là tout l’intérêt pour comprendre nos différences. Les gènes de nos  microbes !

Voici plusieurs exemples :

– Un nourrisson possède plus de gènes actifs permettant de digérer le lait maternel que chez un adulte.

– L’intestin de personnes en surpoids abrite souvent plus de gènes bactériens dédiés à la dégradation des glucides.

– Celui des personnes âgées ont moins de gènes bactériens contre les stress.

– Les intestins des Japonais sont capables de décomposer les algues marines alors que certains occidentaux auront du mal.

– On constate aussi que l’effet protecteur du soja sur certains cancers ou autres maladies fonctionne pour plus de 50% des asiatiques mais pour seulement 25-30% des occidentaux ! Cela est dû à un certain type de bactéries intestinales que l’on trouve chez les asiatiques et qui sont plus efficaces pour extraire les bénéfices du soja contre les maladies.

– Votre ami à les « nerfs solides » ? C’est peut-être qu’il dispose de bactéries productrice de vitamine B. Votre cousine supporte mieux un aliment moisi que vous ? Là aussi, c’est une histoire de bactéries !

Les aliments à consommer pour préserver une bonne flore intestinale

On vient de le dire, il existe des bactéries bien différentes en chacun de nous. Avec une capacité à tirer bon parti de tel ou tel aliment. Néanmoins, voici une liste non exhaustive d’aliments sains pour vos intestins :

– Les aliments fermentés : ils renferment beaucoup de probiotiques (micro-organismes vivants) qui renforcent votre système immunitaire en protégeant votre flore intestinale. Ce sont les yaourts au ferment lactique, les cornichons, le vinaigre, la choucroute, le kéfir, la bière,le lait acidophile, le fromage bleu, le miso, le kimchi, le chocolat, le cidre, la sauce soja tamari, les thés fermentés (le pu-erh ou kombucha), le tempeh, les prunes umeboshi.

– Les fibres solubles : l’orge, l’avoine et le son d’avoine (sous toutes leurs formes comme les céréales, la farine etc.), le psyllium, le seigle (essayez le pain pumpernickel) et le sarrasin.

– Les fruits et légumes frais qui sont riches en fibres (attention à trop de légumes crus qui peuvent irriter les intestins. Préférez-les cuits si nécessaire).

– Effectuer une monodiète 1 à 2 fois par an est bon pour renouveler les cellules intestinales.

Conclusion

Quelle révolution ! Les billions de microbes que nous abritons dans nos intestins nous révèlent des tas de choses sur notre santé globale. C’est un domaine dans lequel il existe encore de nombreuses découvertes à effectuer et espérons en apprendre davantage très vite.

Si les innovations sont parfois sources de progrès, elles on aussi leurs travers avec même des dangers. Et l’alimentation n’échappe pas à cette règle : additifs, conservateurs, graisses hydrogénées, édulcorants artificiels, nitrite de sodium pour remplacer le salage, pesticides, aliments génétiquement modifiés, utilisation à outrance de blé, maïs ou soja dans beaucoup de produits alimentaires etc.

Tandis que nos ancêtres, les chasseurs-cueilleurs, mangeaient jusqu’à 500 variétés de racines, d’herbes et de végétaux, nous nous nourrissons aujourd’hui au mieux de 17 plantes. Sans parler d’une consommation excessives de céréales dont surtout de blé, de sucre, de mauvaises graisses ou de produits laitiers. Rien d’étonnant, alors, à ce que notre tube digestif ait du mal à « digérer » cette évolution. C’est pour cela que le nombre d’intolérances alimentaires et de maladies auto-immune explosent. Comme pour tout, c’est l’excès qui est responsable des problèmes. Manger un peu de blé de temps en temps ne vous fera pas de mal. Par contre en consommer matin, midi et soir pendant toute une vie est problématique.

Pour aller plus loin 

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Sources :
- "Le charme discret de l'intestin" Julia Enders
- www.synergiealimentaire.com

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